La Maison cordelier

Par son testament du 14 octobre 1856, Madame Catherine, Philiberte, Elisabeth CORDELIER, épouse de Monsieur Frédéric LEBLANC, a institué pour sa légataire universelle la commune de Labergement-les-Seurre, à diverses conditions, notamment à la charge de payer plusieurs legs particuliers et de fonder un hôpital dans la maison de maître que la testatrice possédait dans ce village.

Le conseil municipal, considérant que la commune dont la population de 1301 âmes contient un grand nombre de malheureux et de personnes complètement indigentes qui viennent y fixer leur domicile à cause de l'affouage, accepta provisoirement ce legs avec reconnaissance.

Cet hôpital, destiné seulement aux pauvres atteints de maladies graves et dangereuses habitant la commune, devra être nommé hôpital CORDELIER, être régi par un bureau de bienfaisance et être administré par deux sœurs hospitalières.

Il contiendra quatre lits, deux pour hommes et deux pour femmes.

Par un décret impérial du 11 mars 1858 (Napoléon III), l'hôpital est officiellement créé. Cet hospice comprenait un bâtiment à un étage construit de 1864 à 1873.

Cependant, ce n'est que le 5 mai 1872 que la mise en activité est effective par le vote de l'achat de mobilier d'un montant de 5000 francs. Pendant ces quinze années, il a fallu liquider la communauté ayant existé entre Monsieur LEBLANC et Madame CORDELIER, mettre en place une commission administrative (les revenus de cet établissement devant être distincts et séparés de ceux de la commune), constituer des ressources financières, démolir certains bâtiments, établir des devis, faire des réparations, installer une pharmacie, acheter mobilier et matériels adéquats, louer les terres (environ 29 hectares)...

Par ailleurs, en août 1870, grâce à l'aide matérielle des habitants de la commune, financière du conseil municipal (900 francs) et l'apport de bonnes volontés, huit lits ont pu être installés dans l'urgence afin de pourvoir au soulagement des blessés de guerre.

Le fonctionnement a été assuré par les Sœurs de la Providence de Vitteaux jusqu'en 1886 puis par les sœurs hospitalières de la Congrégation de l'Enfant Jésus de Chauffailles.

Le 14 octobre 1949, l'hôpital comprenant 12 lits est classé hospice par arrêté préfectoral, puis maison de retraite le 3 août 1959 avec 17 lits.

A la fin de l'année 1970, les religieuses hospitalières quittent la maison de retraite et sont remplacées par du personnel laïc.

Très rapidement se pose la question de la survie de l'établissement qui doit s'adapter aux règles de fonctionnement dorénavant exigées et le budget ne pourra être bouclé que si le nombre de résidents augmente significativement : en un mot, il faut entrer dans le 20ème siècle !

S'agrandir ou disparaître telle est donc la problématique à résoudre par la commission.

Après plusieurs tâtonnements (projet d'achat de la colonie de vacances Les Mouettes, devenue par la suite Le Crépizz), un budget improbable et une succession de directeurs, la commission décide de retenir la solution de l'agrandissement, aidée en cela par le député Jean-Philippe Lecat, membre de cette dernière. Une subvention de 500 000 francs est allouée, les 29 hectares de terres sont vendus et un architecte est désigné. Après plusieurs propositions, le projet retenu s'élève à 2,4 millions de francs, somme colossale pour les membres de la commission qui décident cependant de donner leur accord.

Le permis de construire est délivré le 21 mai 1975, l'adjudication des travaux est effective le 14 novembre 1975, ceux-ci débutent le 25 février 1976 et s'achèvent le 1" mars 1977 pour ce qui concerne l'extension.

Les travaux dans l'ancienne maison s'achèveront eux le 1" juillet 1977. Le nouvel établissement comprend ainsi 34 chambres à 1 lit, sept à 2 lits, 3 salons, une grande salle de réunion, une cuisine, un réfectoire, une laverie, une lingerie, une salle pour le personnel.

Sur le plan matériel, afin d'être en conformité avec la réglementation, récemment a été mené à bien la mise aux normes des locaux (sécurité incendie, hygiène, électricité, téléphone, accessibilité extérieure) ;

l'accessibilité intérieure devant être le challenge des quatre années à venir.

 

Maison cordelier